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Depuis longtemps, le caractère héréditaire d'un certain
nombre de maux de tête, migraines, névralgies, céphalées
psychologiques, a été évoqué par beaucoup de médecins.
Il est d'ailleurs reconnu qu'on retrouve souvent la
notion d'un antécédent familial direct. Mais s'agit-il
réellement là d'un caractère héréditaire, dépendant d'un
facteur génétique transmis de génération en génération ?
Nul n'a encore pu en faire la preuve formelle.
Facteur
dominant ou dominé, lié ou non au sexe, toutes les
possibilités de transmission génétique ont été évoquées,
particulièrement pour la migraine, et toutes ont été
battues en brèche et controversées. On ne sait
d'ailleurs pas non plus ce que cet hypothétique facteur
héréditaire serait susceptible de transmettre : une
anomalie vasculaire, biochimique, sanguine, psychique ?
Mais ainsi que le veut l'antique adage : «Péroraison
n'est pas raison», l'hypothèse génétique demande encore
à être confirmée ou infirmée. Sa place dans la recherche
des causes des maux de tête continue d'avoir son
importance.
Qu'est-ce qu'une hérédité migraineuse ?
Nous venons de voir que le terme hérédité est à éviter.
Employons donc plutôt celui de famille.
Existe-t-il un caractère familial de la migraine ?
La réponse est d'emblée plus nette et positive. D'une
manière générale, la migraine semble pouvoir être
considérée comme une affection familiale. Si un enfant a
un parent migraineux, il a environ 45% de « chances » de
l'être lui-même ; si ses deux parents le sont, les
possibilités atteignent le chiffre statistique de 70%.
De même, si l'enfant est une fille et que c'est la mère
qui est migraineuse. Le frère d'une migraineuse, quant à
lui, n'a que 25% de chances d'être touché, même s'il est
faux jumeau. Les vrais jumeaux sont un peu plus souvent
frappés de façon similaire.
La migraine est donc bien une affection à caractère
familial. Mais ne peut-on y voir surtout l'influence du
mode de vie, ou la répercussion des facteurs
d'environnements, matériel ou psychique communs à tous
les membres d'une même famille? Ce phénomène, bien connu
pour les affections digestives d'origine
psychosomatique, est peut-être également en cause dans
la maladie migraineuse. |