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Trois
millions de patients dont deux millions de femmes
Les études portant sur le nombre de personnes qui
souffrent de maux de tête chroniques sont parfois
contradictoires :
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certaines estiment que la France compte plus de huit
millions de céphalalgiques, c'est-à-dire de personnes
qui se plaignent d'un mal de tête ;
— d'autres, peut-être plus rigoureuses, parlent de trois
millions, dont les deux tiers sont composés de femmes.
Les céphalées (ou maux de tête) chroniques représentent
donc une affection non négligeable, handicapant de façon
sérieuse, périodique ou permanente, des personnes de
tous les âges. Elles perturbent leur vie
professionnelle, familiale et personnelle de façon
importante, dramatique quelquefois. Elles entraînent des
consommations intensives et prolongées de multiples
médicaments dont l'utilisation régulière ne va pas sans
risques. Ainsi, l'abus de tranquillisants et
d'antalgiques est-il responsable de complications
parfois graves (insuffisance rénale aiguë...).
Est-ce
qu'un mal de tête est toujours une migraine ?
Le « Pas ce soir, chéri, j'ai ma migraine » des
vaudevilles de théâtre a fait rire plus d'un spectateur.
Pourtant le phénomène est bien réel et n'incite guère à
la joie ceux et celles qui en souffrent. Mais si vous
êtes victime de maux de tête, ne vous croyez pas
immédiatement migraineux. La migraine n'est en effet
qu'une des multiples variétés de céphalées, dont elle
n'est pas la forme la plus fréquente, même si c'est une
des plus spectaculaires. Se plaindre de migraine à
propos d'un mal de tête quand vous allez consulter un
médecin, c'est risquer de fausser son diagnostic, et de
suivre un traitement antimigraineux qui sera totalement
inefficace. La migraine est une maladie qui répond à des
critères de définition précis, même si ses causes
demeurent encore mystérieuses.
Pourquoi les femmes sont-elles les plus touchées ?
Considérer les femmes comme plus sujettes aux maux de
tête vient avant tout du fait qu'elles sont plus
fréquemment atteintes que les hommes par la migraine,
qui reste une des formes les plus pénibles des
céphalées. Ce triste privilège n'est pas confirmé dans
d'autres maux de tête : les hommes viennent par exemple
en tête lorsqu'il s'agit de douleur vasculaire de la
face, et ils semblent l'emporter en matière de maux de
tête d'origine psychique. En revanche, c'est le sexe
féminin qui est le plus touché par les névralgies de la
face, les céphalées hypertensives et l'artérite
temporale. La prédominance féminine n'est pas expliquée
actuellement. Le facteur génétique paraît exclu, de même
qu'une prédisposition acquise par le mode de vie. Il est
vrai qu'il semble plus facile dans notre environnement
socioculturel à une femme qu'à un homme de se plaindre
de douleurs de la tête. Les « tabous » concernant cette
partie du corps, extrémité noble, siège de la pensée, de
la volonté et... peut-être de l'âme sont encore très
répandus. Se plaindre de la tête pour un homme, c'est
peut-être souvent risquer de se voir méprisé par les
autres, ceux qui ne souffrent pas, ceux qui disent : «
Oh ! ça n'est rien qu'un mal de tête. » |